| Claude est né le 11 novembre
1932 au Gué d'Alleré en Charente- Maritime, à quelques encablures de La
Rochelle. Son père Auguste, saxophoniste, organise des bals avec les frères
jumeaux de Claude, Jacques à l'accordéon, Robert à la batterie. À 14 ans, il emprunte l'accordéon de son frère parti faire son service militaire. Il travaille alors l’instrument donne ses premiers bals, et gagne ses premiers prix dans de nombreux concours d'accordéon organisés notamment par Radio Limoges.
Autodidacte à 100%, Claude prend comme modèle Gus Viseur et Emile Prud’homme, accordéonistes antagonistes mais parfaitement complémentaires. Son talent le fait engager dans l'orchestre de René Benotti, accordéoniste d'expérience auprès duquel Claude apprend à être à l'écoute des envies des danseurs. Il y restera jusqu'à son service militaire.
C’est lors d’un bal qu’il anime que le regard d’une jeune vendéenne ne le laisse pas indifférent. Il tombe sous le charme de Pierrette, leur mariage aura lieu en décembre 1953 au Mazeau en Vendée. Marie-Claude en 1954 et Jean-Pierre en 1955 seront les premiers enfants à naître. En 1955, il est engagé comme accordéoniste au Moulin Rouge à Paris. Claude y côtoie les argentins Roberto Caldarella, Rodolfo Nerone et Héctor Grané qui l'initient au bandonéon et au tango. À travers les compositeurs argentins de l’époque, il découvre un univers musical qu’il n’a cessé d’exprimer avec passion. Quelques titres restent gravés dans sa mémoire, Très y dos, d’Anibal Troilo, Recuerdo, d’Osvaldo Pugliese, Preparense, d’Astor Piazzola. "Je me nourrissais de cette musique… Je suis un autodidacte. J’ai appris en écoutant et retenu les choses qui me plaisaient". Il devient un grand spécialiste du genre chez Tito Léoni, Luis Veciana et compose ses premiers tangos sous le pseudonyme de Rafael Moreno ; il devient ainsi membre de la SACEM la même année..
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| Quelques années durant, il forme un trio, avec lequel il parcourt les cabarets de France et de Suisse. Son rôle d'accompagnateur le conduit à jouer également de la basse et de la batterie, avec Pierre Lebreton au piano ils accompagnent Tony Nicolas au chant et à la trompette. |
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| Lorsque Marie-Claude fait sa première rentrée à l’école, la famille Barbottin revient dans la région et Claude rejoint l'orchestre José Cando du casino de Fouras. Il y restera 10 ans, ne cessant de travailler la flûte traversière et l’orgue. |
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premières notes à la flute au casino de Fouras en 1962 avec l'orchestre de José Cando |
| Dans les années 60, alors qu’il compose depuis toujours, il se distribue lui-même sous le nom des productions musicales "Télé Musette" à Tonnay-Charente. Il met en place des envois sous enveloppe jaune, qui regroupent les partitions complètes et un disque souple 33 tours. Ce qui permet aux musiciens de mieux déchiffrer les morceaux. Des envois réguliers suivront, sous les yeux étonnés de Corine, née en 1961. Les succès sont au rendez-vous comme Valse à Beno, La Chocolata, Raymusette, Ne nous quittons plus, Accordéon des rues… |
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| En 1968 sous le pseudonyme
Claude VOX, Claude forme son propre orchestre avec lequel il sillonne
sans cesse la région Ouest de la France. Véritable spécialiste de la danse
traditionnelle, il mêle aux "tubes" de l'époque tous les grands classiques
de la valse, du paso doble, du jazz, des airs typiques et toutes les mélodies
que l’on fredonne dès les premières mesures. Ce qui fait le succès de
l’orchestre. "Je ne suis pas concertiste, insiste Claude, mais un accordéoniste de bal qui doit faire danser avec "son soufflet"". |
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C’est pendant le Salon de
la Musique à Paris en 1986 qu’il rencontre un adolescent doté d’une technique
exceptionnelle, Eric Bouvelle. Une fascination réciproque s’exerce alors,
de nombreuses collaborations naîtront par la suite : À la régulière, Bando
mi amigo, Deux sous d’musette, Ballade pour une poupée, C’était le temps
d’avant, Señor Gardel, Chez Colombo…
Pendant 14 ans, Claude accompagne les artistes qui concourent au Grand Prix Jean Ségurel de la chanson. Une collaboration prolifique se met en place avec ces nombreux talents en tout genre, notamment Georges Guyonnet avec qui il écrit Quand Aimable jouait, Lady Madison, C’est encore la même chanson, La Valse Irlandaise avec le concours de Jean-Yves Le Masson.… Au Festival des Nuits de Nacre à Tulle, à l’invitation de Richard Galliano, il anime une guinguette tous les après-midi et au final accompagne les invités d’honneur pendant plusieurs années consécutives. C’est en 1992, alors qu’il joue un tango d’Astor Piazolla, le maître luimême s’arrête au pied de la scène, et lui adresse un chaleureux compliment.
En 1993, au 10ème "Festival National d’Accordéon" de Paris, Claude se produit pour la première fois au Palais des Congrès, une seconde occasion aura lieu au Zénith de Paris en 2003. Son passage sur scène est un hommage rendu à Emile Prud'homme et à Aimable, accompagné au chant par Didier Barbier. |
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De nombreux titres jalonnent
son prolifique parcours musical : Valse écossaise, Je ne fais que passer,
Le brise pieds, Le p’tit pont, Louisiane mélodie, Tarentelle à Napoli…
En 2010, la disparition brutale
de Corine laisse Claude et Pierrette, ainsi que l’ensemble de ses proches
et amis musiciens sous le choc. Ses participations aux bals, aux festivals
d’accordéon diminuent, mais Claude assis à son bureau, toujours accroché
à son téléphone, continue de composer inlassablement et apporte son
soutien à de nombreux artistes talentueux dans son environnement le
plus proche, Nathanaëlle Bedouet, Pascal Loubersac, Fréderic Langlais,
etc…
Fin 2018, Claude et Pierrette partent en maison de retraite à La Rochelle. Avec son accordéon, il anime régulièrement l’après midi, les anniversaires des résidents, les fêtes de la musique, de Noël. Mais, inexorablement, Claude et son oeil pétillant s’assombrissent. Et depuis le décès de Pierrette le 30 avril 2024, Claude ne semblait plus qu’aspirer à un repos apaisé auprès de sa femme et de sa fille. Il nous a quitté le 17 octobre 2025, il nous laisse sa musique et son légendaire sourire lorsqu’il était derrière son accordéon. |